H--Huaorani-a-la-chasse

LA PROJECTION – 4 : La projection peut-être d’autant plus difficile à déceler qu’elle contient une forme d’objectivité. Si nous projetons sur Mme Tartempion et non sur une autre personne, c’est qu’effectivement Mme Tartempion a tendance à prendre le pouvoir (exemple 1). S’il n’y avait pas ce petit quelque chose de réel, la projection ne pourrait pas « s’accrocher » à elle. De même, si certains traits réels de notre amoureux ou amoureuse ne correspondait pas à notre homme ou femme intérieur(e) idéal(e), la relation ne dépasserait pas l’aventure sensuelle, aussi passionnée que soit celle-ci. Il faut que l’écran ait un minimum d’aptitude à recevoir la projection. Dès lors, la raison va pouvoir trouver mille arguments pour étayer l’accusation que nous portons contre madame Tartempion ou pour justifier les craintes de monsieur Schmolldu (exemple 2). Mais la projection se trahit : par l’intensité ou la disproportion de l’émotion qu’elle engendre ou par son systématisme, son caractère automatique et répétitif.

Il ne faut pas oublier, quand il s’agit d’une personne, que la projection affecte aussi l’écran. Et dans ce cas il vaut mieux parler d’un projectile que d’un film. Madame Tartempion ressent la violence et l’injustice de ce que nous projetons sur elle. La flèche que nous décochons sur elle est trempée dans le curare ou tout autre venin. En tant qu’auteur de la projection nous nous faisons du mal, mais nous provoquons aussi des dégâts chez la personne atteinte. C’est une deuxième raison de devenir conscient.

A suivre...

Photo : Indien Huaroni projetant une flèche empoisonnée au curare (Internet).